Chronique du concert à Murcie, El Limite, 01/03/1991 Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par havoc   
07-08-2007

Quatre mois après avoir vu mon premier concert des Sisters nous décidons, quelques accolytes et moi-même, d’aller les revoir dans le sud de l’Espagne, décision prise au dernier moment et qui s’avéra être une expérience inoubliable.

Cette année là Eldritch gratifie le fidèle public espagnol d’une série de cinq concerts fulgurants ayant peu à voir avec le grand rassemblement de Wembley l’année précédente. La cérémonie funeste a lieu dans un gros club du nord de Murcie, petite région du sud espagnol coincée entre Alicante (ville de la  techno « maquina » et de la mescaline), d’une contenance de 1500 personnes et réputée pour ses soirées gothiques (on dit « siniestras » dans la péninsule Ibérique). Comme tout fan hardcore des Sisters Of Mercy originels nous nous devons de trouver les meilleures drogues possibles pour accueillir le maître de Leeds en ces terres barbares. Ce fut chose faite après avoir écumé une bonne dizaine de bars et de pubs goth, batcave et psychobilly de la principale artère d’Alicante la nocturne. C’est dans un état d’excitation extrême que nous prenons la route pour nous rendre à une centaine de kilomètres de là dans ce lieu nommé « El Limite », la limite, the edge.

Billet 01/03/1991

Arrivés sur le parking vers 23h00 alors que le concert était annoncé à 22h00 nous étions passablement inquiets …mais très vite d’autres adeptes du groupe, bien entamés aussi, nous ont dit que le concert n’avait pas commencé et qu’en attendant nous pouvions boire quelques bières avec eux. C’est les neurones écorchés vifs que nous rentrons dans cet obscur club « underground », les dernières notes du « giving ground » de The Sisterhood  résonnent en fond sonore et une vaste acclamation accueille les premiers jets de fumigènes massivement dirigés vers la scène.
Premières notes de piano et la groupe déboule au complet, le son qui sort des enceintes est plus sec et sonne comme un rasoir qui vous découpe la peau avec délicatesse, des larsens très stoogiens en fin de morceau et des morceaux plus retenus et teigneux que lors de leur prestation anglaise. Ce soir là The Sisters Of Mercy sont revenus au son des origines celui qui illuminait d’un flash extatique les titres des premiers maxi « Adrenochrome », « Alice » ou « Floorshow ».
Noyés dans cette vague acide qui submerge la foule le King Eldritch baisse ses ray bans et esquisse un sourire, il se retourne et invective le bassiste pour une histoire de retours basse réglés trop forts. Monsieur a ses humeurs, mais le public en redemande et apprécie fortement ce côté totalitaire dégagé par la silhouette en contre jour d’Andrew le fou. Pendant presque 2 heures les pupilles  exorbitées, les bras tendus nous prenons acte de la force cathartique contenue dans « Heartland » et la schizophrénie lugubre du chanteur couplée à l’excellence des riffs d’Andreas Brühn papillonant au dessus de la boite à rythme qui martelle sans cesse « First And last And Always ». Concert mythique à jamais gravé dans ma mémoire.

Setlist

First And Last And Always
Lucretia My Reflection
Body And Soul
Ribbons
Alice
Dominion / Mother Russia
Amphetamine Logic
Detonation Boulevard
Marian
This Corrosion
Temple Of Love
Something fast
Jolene
Valentine
Vision thing
 
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